Les oiseaux: des espèces en déclin accueil atlas ↑

L'avifaune recensée dans le Parc Naturel Régional est essentiellement celle des paysages façonnés par l'agriculture. L'abondance relative de vergers et de prairies permet à quelques espèces d'être mieux représentées ici qu'ailleurs en Ile-de-France. Ainsi, des populations de Pies-grièches écorcheurs et de Chouettes chevêches d'importance régionale sont bien identifiées. Parmi les oiseaux, beaucoup de nos espèces, même communes, sont en fort déclin et considérées comme menacées par la liste rouge régionale.


Panorama de l'avifaune de la Brie des Morin

Au cours de ces dix dernières années, il a été possible d'observer 244 espèces d'oiseaux dans le périmètre du projet de Parc Naturel Régional, soit 40% de l'ensemble des espèces observées en France. Certaines d'entre elles n'ont cependant pas de liens forts avec les paysages et habitats de la Brie des Morin puisqu'elles ont été détéctées uniquement à l'occasion de comptages de migrateurs. Il s'agit d'oiseaux survolant la région généralement sans s'arrêter, une partie pouvant effectuer une pause de quelques heures à quelques jours avant de poursuivre leur voyage. L'Ile-de-France est en effet située sur une voie de migration importante reliant l'Afrique à l'Europe et la Russie au nord, elle est utilisée par de très nombreux oiseaux d'une bonne partie de l'avifaune européenne.

D'autres espèces fréquentent la Brie des deux Morin principalement en hiver, et se reproduisent généralement plus au nord. La Brie des Morin et plus généralement l'Ile-de-France ont pour elles une importance non négligeable :  elles ne pourraient en effet accomplir leur cycle biologique en l'absence de sites d'hivernage. C'est d'ailleurs aussi le cas des migrateurs lorsqu'ils ont besoin d'effectuer une pause, ils doivent pouvoir s'alimenter et se reposer pour repartir dans de bonnes conditions. Voici quelques exemples d'espèces hivernantes qu'il est possible d'observer aux quatre coins du PNR, en cours de création, même si certaines sont rares:

  • Le Vanneau huppé et le Pluvier doré peuvent former des groupes de plusieurs milliers d'individus dans les champs, sur le plateau.
  • La Grive Litorne et la Grive mauvis fréquentent les prairies et les vergers, parfois les jardins si on y dépose des pommes abîmées.
  • Le Pinson du nord apprécie les graines du charme et du hêtre, le Tarin des aulnes les graines de l'Aulne glutineux et le Sizerin flammé apprécie celles du bouleau. Ces trois espèces fréquentent aussi les mangeoires des jardins.
  • Le Faucon émerillon chasse les petits passereaux dans les vastes espaces ouverts du plateau.

 


Une spatule blanche de passage dans les carrières de Luzancy Observation et photo Julien Bottinelli.

Le site ornithologique de Luzancy

Les sablières de Luzancy constituent un lieu bien particulier, intégré au site Natura 2000 des Boucles de la Marne et semblable à la réserve naturelle du Grand-Voyeux, à Congis-sur-Thérouanne. Un des plans d'eau bénéficie déjà de réaménagements favorables à la biodiversité.

Une des particularités de ces sites est qu'ils sont très attractifs pour les oiseaux d'eau, et sont ainsi démonstratifs du phénomène de migration.

Au printemps et en automne, des migrateurs très diversifiés viennent se reposer quelques heures, ce qui offre l'occasion d'observer des espèces inattendues en Ile-de-France, comme la Spatule blanche par exemple, ainsi que différentes espèces de bécasseaux et d'autres limicoles ne se reproduisant que dans la taïga et la toundra au nord de l'Europe et de la Russie.

En hiver on assiste à des rassemblements de plusieurs centaines de Foulques, Grèbes, Fuligules, Sarcelles et autres canards, le Butor étoilé est régulièrement présent dans les roselières.

Enfin, au printemps et en été, c'est à l'échelle du projet de PNR l'unique site de reproduction pour plusieurs espèces comme la Gorge-bleue à miroir et de la Sterne pierregarin.

 

 

Reste enfin les 106 espèces qui se reproduisent en Brie des Morin. Parmi elles, 28 sont menacées à l'échelle de l'Ile-de-France d'après la liste rouge régionale, soit 26%, ce qui est considérable. Certaines, pourtant autrefois communes, sont ainsi au bord de l'extinction en Brie des deux Morin, comme le Pouillot siffleur et le Pipit farlouse. Plusieurs autres espèces comme la Pie-grièche à tête rousse, le Tarier des prés et le Cochevis huppé ne s'y reproduisent déjà plus depuis plusieurs années. C'est probablement le cas aussi du moineau friquet, en très fort déclin en France, et qui n'a été observé recemment qu'en de rares occasion et hors saison de reproduction.

Ces 28 espèces nicheuses en déclin sont présentées plus en détail dans les fiches accessibles via le menu. Une espèce supplémentaire, la Chouette chevêche, est également présentée. Le PNR en projet abrite en effet une population d'importance régionale de cette espèce classée « quasi-menacée » (NT) dans la liste rouge régionale. Quelques autres espèces « quasi-menacées » (Bruant jaune, Chardonneret élégant, Martin-pêcheur, Bécasse des bois, ...) auraient pu être ajoutées, l'évolution de leur population est à surveiller.

 


Le cincle plongeur au bord du Petit-Morin.

Un évènement exceptionnel

L'avifaune nicheuse de la Brie et des deux Morin n'est pas exceptionelle, elle est essentiellement composée d'espèces plutôt bien réparties dans la région Ile-de-France et au-delà. Certains évenements peuvent cependant être exceptionnels, comme par exemple la nidification du Cincle plongeur au bord du Petit-Morin en 2014 et 2015. Observation et photo Julien Bottinelli.

 

 

Des oiseaux communs en déclin

Une des caractéristiques de ces espèces en déclin est que la plupart sont plutôt communes et largement réparties sur le territoire du PNR en cours de création. Elles le sont aussi plus généralement en France et en Europe où l'on retrouve, dans la plupart des cas, les mêmes diminutions de populations. Mesurer les variations des populations sur le long terme est difficile, c'est l'objectif d'un programme de science participative, le Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC) piloté par le Muséum d'Histoire Naturelle depuis 1989. Les fiches espèces proposent un lien vers quelques résultats obtenus grâce à ce travail de recherche.

Parmi ces 28 espèces menacées, un quart est lié aux milieux humides, un autre quart aux bois et forêts, et plus de la moitié est lié aux paysages agricoles, largement dominants en Brie des Morin. Il existe un contraste dans ce territoire entre le plateau, accueillant principalement des grandes cultures notamment de céréales, et les vallées où le paysage est plus diversifié, constitué de prairies, de haies, de bois, de vergers et de champs cultivés.

Les causes du déclin de cette avifaune nicheuse sont multiples et parfois mal comprises. Quelques facteurs émergent toutefois, aussi bien à l'échelle nationale que régionale. Certaines de ces espèces peuvent être affectées par plusieurs de facteurs. Voici quelques exemples, sans viser à l'exhaustivité:

- La destruction et la dégradation des milieux humides (urbanisation, assèchement et drainage et aménagements divers, pollutions) a lourdement impacté la nidification des oiseaux d'eau.

- Le réchauffement climatique semble jouer un rôle important pour plusieurs espèces, c'est le cas par exemple du Pouillot fitis, du Bouvreuil pivoine, de la Mésange boréale, du Pipit farlouse dont les aires de répartition tendent à remonter vers le nord.

- Les collisions avec des véhicules impactent notamment les espèces nocturnes, particulièrement la Chouette effraie et la Chouette chevêche.

- L'intensification de l'agriculture est un facteur prépondérant pour les espèces liées aux milieux agricoles depuis les années 1950.

 

Enjeux à l'échelle du Parc Naturel Régional en projet

Le périmètre de ce projet de PNR abrite des populations d'importance régionale pour au moins deux espèces, la Pie-Grièche écorcheur et la Chouette chevêche. Un suivi de ces populations et la mise en place de mesures favorisant leur maintien semblent essentiels, d'autant plus que ces deux espèces sont situées en haut de la chaine alimentaire et indicatrices du bon état des milieux où elles se maintiennent.

Le site de Luzancy est un des noyaux du site Natura 2000 des Boucles de la Marne. Il contribue de manière significative à la capacité d'accueil des oiseaux d'eau dans la région Ile-de-France et mérite à ce titre une protection adaptée.

Concernant les oiseaux communs en déclin (Hirondelles, Chardonneret, Verdier, Tourterelle des bois...), il serait intéressant de mieux cerner la situation à l'échelle de la Brie des Morin en participant au Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC). Une réflexion sur la mise en place de mesures favorables à l'avifaune est à engager, par exemple pour éviter le broyage des milieux herbeux au printemps, en partenariat avec les communes, les agriculteurs, et plus généralement les habitants.

 

Documents:


Liste des espèces observées en Brie des Morin

Uniquement oiseaux nicheurs