Zygènes et turquoises accueil atlas ↑

Les Zygènes et les Turquoises constituent une famille de papillons, les Zygaenidae. Ils sont actifs uniquement le jour contrairement à la plupart des autres hétérocères. Certaines espèces ont les ailes noires tachées de rouge, les autres arborent une belle couleur turquoise. Les Zygaenidae fréquentent les prairies naturelles, les lisières, les haies et les bois clairs, ce sont de bons indicateurs de l'état des écosystèmes. Un cortège exceptionnel d'au moins huit espèces fréquente la Brie des deux Morin.


Biologie et écologie


Cocon de zygène sur une tige de graminée. La chrysalide se trouve à l'intérieur.

Les Zygaenidae sont des papillons du groupe des hétérocères ou « papillons de nuit », ils partagent le mode de développement décrit pour les papillons rhopalocères ou « papillons de jour ». Les Zygaenidae sont cependant actifs uniquement le jour contrairement à la plupart des hétérocères.

Les chrysalides sont enfermées dans un cocon. Celles des Zygènes (genre Zygaena) ont une forme en fuseau et sont fixées à une tige, souvent une graminée. Ce sont les chenilles qui hibernent. Elle peuvent entrer en diapause durant l'été, en fonction de la disponibilité en nourriture.

L'hémolymphe (équivalent du sang) de ces papillons contient des composés cyanurés, ils sont donc toxiques et évités notamment par les oiseaux. D'autres prédateurs comme les araignées ou les punaises prédatrices sont cependant capables de les consommer.

Les chenilles peuvent être parasitées, notamment par des hyménoptères, qui déposent leurs oeufs dans le corps de la chenille. On parle de parasitoïdes car la chenille ne survit pas. Les parasitoïdes peuvent eux même être parasités par des hyperparasitoïdes.


Deux turquoises sur une knautie, fleur très appréciée des zygaenidae.

Presque toutes les espèces présentées sont fortement attirées par les fleurs violettes ou roses. Les knauties, scabieuses et centaurées sont particulièrement appréciées. Une seule exception: le Procris du Prunier Rhagades pruni dont la trompe est atrophiée et qui ne peut par conséquent pas butiner.

La plupart des Zygaenidae fréquentent les prairies naturelles. Chaque espèce y trouve la plante hôte qui nourrit les chenilles : une Fabacée pour les zygènes (lotiers, trèfles, vesce...), l'Oseille des prés rumex acetosa pour le Procris de l'oseille. Le Procris du prunier s'intéresse plutôt aux lisières et aux haies où il trouve trouve son principal hôte, le Prunellier.

Six des huit espèces qui fréquentent la Brie des Morin sont rares ou très rares en Ile-de-France. Les huit espèces sont déterminantes Znieff (Zone Naturel d'Intérêt Faunistique ou Floristique) car elles sont indicatrices de milieux fonctionnels, riches en biodiversité.

La découverte de la Zygène des bois Zygaena lonicerae en 2016 dans la vallée du Petit-Morin a été un petit évenement puisqu'on pensait l'espèce disparue de la région Ile-de-France, l'observation la plus récente remontait à 1980 dans le sud de la Seine-et-Marne.

 

Répartition sur le territoire, état des connaissances

La liste rouge régionale n'a pas pu estimer la vulnérabilité de plusieurs espèces du fait d'un manque de données. Certaines espèces de zygènes et de turquoises sont en effet très difficiles à identifier (dans certains cas il n'y a pas d'autre solution que de prélever un individu pour le disséquer). Les entomologistes leur ont donc prêté peu d'attention pendant longtemps. On sait cependant qu'en région parisienne toutes les espèces difficiles à identifier sont rares ou très rares, les espèces plus communes ne posant pas de problème de détermination.

Ces espèces ne volent que pendant une période de l'année assez courte et les individus sont peu nombreux. Elles passent donc facilement inaperçues. Elles peuvent être recherchées dans le cadre de prospections ciblant les rhopalocères (papillons de jour). Comme pour ces derniers, la vallée du Petit-Morin est assez bien prospectée, contrairement à la vallée du Grand-Morin  et aux coteaux de Sainte-Aulde où des recherches ciblées seraient utiles. Les milieux à prospecter sont les prairies naturelles ainsi que les lisières ou haies qui les bordent.

Le Procris des Centaurées Jordanita globulariae a été observé dans les vallées du Petit-Morin et du Grand-Morin en 2006 et 2009 par Patrice Leraut. Nos recherches n'ont pour le moment pas permis de le retrouver.

 

Enjeux à l'échelle du Parc Naturel Régional en projet

Plus de la moitié des quinze espèces de zygaenidae actuellement connues en Ile de France fréquentent la Brie des deux Morin. D'après les connaissances actuelles, trois de ces espèces sont principalement présentes dans le périmètre du projet de PNR. Il s'agit de la Zygène des bois Zygaena lonicerae, de la Zygène des Thérésiens Zygaena viciae, et du Procris de l'Oseille Adscita statices. Le Parc Naturel Régional a donc une responsabilité particulière pour la préservation de ces espèces à l'échelle régionale.

 

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